La Solidarité Maritime vue par les Associations d’Accueil des Marins

 

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La Solidarité Maritime vue par les Associations d’Accueil des Marins

Les associations d’accueil des marins présentes dans une vingtaine de ports français

sont de bons observateurs des équipages de la marine marchande actuelle, qu’ils rencontrent quotidiennement. Soit à l’occasion de visites faites à bord des navires en escale, soit dans les Seamens’clubs  qu’elles gèrent et où elles transportent les marins depuis leur navire pour venir y passer quelques heures de détente, y faire quelques achats et surtout pour pouvoir communiquer par téléphone ou internet avec leurs familles

Ces équipages sont bien différents de ce qu’ils étaient avant la mondialisation du transport maritime :

  • Equipages multinationaux sur le même navire avec une prééminence des pays d’Europe de l’Est chez les officiers et d’asiatiques et notamment de philippins chez les marins
  • Effectifs réduits malgré l’augmentation  du tonnage des navires
  • Contrats longs souvent de plus de six mois avant leur rapatriement
  • Travail souvent dur et pénible mais souvent plus de confort à bord
  • Meilleure protection sociale avec la mise en vigueur de la Convention sur le Travail Maritime de 2006, qui couvre maintenant les risques  d’accident, ou d’abandon

La solidarité des équipages à bord reste pourtant forte même si elle s’exerce plus intensément entre marins de même nationalité et même si le confort à bord (cabines individuelles et parfois accès à la wiifi) diminue les occasions d’être ensemble. Il peut y avoir cependant des tensions à bord en fonction de conflits actuels ( russes et ukrainiens sur le même navire ou de préjugés raciaux ( cas d’un navire abandonné à Marseille où l’état-major coréen se réservait la nourriture fournie à bord au détriment de l’équipage thaïlandais)

Mais cette solidarité s’exerce surtout dans les situations graves :

  • accident à bord, comme ce fut le cas récemment sur un navire de croisière en escale à Marseille
  • abandon du navire et de son équipage, où il faut dans un port étranger faire face au défi humanitaire au rapatriement et essayer de sauvegarder une possible récupération judiciaire d’une partie des salaires impayés
  • baptême du navire neuf. Cas du Jules Verne où l’équipage a demandé et obtenu une cérémonie de bénédiction du navire non prévue lors de l’ « inauguration » officielle du navire par le Président de la République
  • évènement de mer Cas du Concordia où de nombreux passagers ont eu la vie sauve grâce à une chaîne de solidarité de marins philippins.

La solidarité maritime s’exerce aussi au niveau des bénévoles des associations d’accueil .

La plupart de ces associations ont été mises en place par d’ anciens marins, militant souvent au sein de la Mission de la Mer. Pour eux il s’agissait d’abord de «  renvoyer l’ascenseur » compte tenu de l’accueil reçu dans de nombreux Seamens’clubs étrangers au cours de leur carrière maritime. Et ce d’autant plus que les équipages actuels ne disposaient pas de moyens financiers pour sortir à terre. Rares furent à l’époque de ces créations d’associations de réflexions du type : « Pourquoi s’occuper de ces marins qui sont venus prendre les places de nos marins français ? »

Ces bénévoles maritimes, connaissant bien les besoins des marins en escale pouvaient alors être de bons formateurs pour les volontaires d’autres horizons (étudiants, membres d’associations caritatives) Ils sont d’autant plus appréciés des marins qu’ils accueillent, qu’ils peuvent dialoguer avec eux sur leur travail à bord, leurs problèmes, leur pays où ils ont eux- mêmes fait escale.

Ces bénévoles maritimes ont alors été de fervents promoteurs d’une solidarité maritime au niveau de l’accueil des équipages en escale, non seulement au niveau des marins (et notamment de la Fédération Internationale des Transports qui pilote le Welfare Trust qui subventionne par exemple le minibus de transports des marins dans les ports). Mais aussi, dans l’esprit tripartite des conventions de l’Organisation Internationale du Travail Maritime (O.I.T.) cette solidarité maritime pour l’accueil des marins doit aussi être celle de l’Etat et celle des armateurs.

Si l’Etat, au niveau de la Direction des Affaires Maritimes, et les collectivités locales et notamment les Régions, ont joué le jeu de cette solidarité, il a fallu attendre cette année et le vote de la loi Leroy sur l’économie bleue et ses décrets d’application, pour voir se mettre en place un financement des associations par les ports au vu d’une proposition de la Commission portuaire de Bien-Etre validée par le Préfet avec un ajustement du droit de port sur le navire et donc de ce fait, par une participation légitime des armateurs des navires en escale dans nos ports.

C’est là un bel exemple d’une solidarité maritime entre les différents acteurs portuaires pour assurer aux marins en escale le bien-être qui leur est reconnu par la Convention sur le Travail Maritime

Alain Coudray Comité Toulon Provence Corse mars 2017


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